Le cinéma et moi !

Découvrez dans cette section, mes avis sur les films, ceux qui sortent et surtout ceux qui me sortent de mon quotidien !

Ici,  je vous donnerai un point de vue personnel parfois un peu allusif, mais toujours sincère et enthousiaste !

Inutile de passer du temps à dire que l’on n’aime pas un film et pourquoi, quand on n’aura jamais assez de nos vies pour dire ceux qui nous transportent au delà de toute vérité et que je souhaite partager avec vous ! Il y aura aussi ceux que j’ai vu en festivals et qui ne sont pas toujours mes préférés, quoique !,  mais que j’ai eu a commenter.

Dans le partage, il y a aussi ce que vous pensez, n’hésitez donc pas à commenter et à partager sur les films que vous aimez (je vous dirai alors ce que j’en pense !).

A bientôt !

Claudia Bouaziz-Viallet, fondatrice

Tous les films sont classés par ordre alphabétique de titre

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La colline aux coquelicots

DITES GHIBLI… ON FRÉMIT !

Grenoble : 16 mars 2012

La grâce et le courage du quotidien rencontrent la ténacité et la force du destin !

Tout est clair dans la vie de ces lycéens. Pourtant le mystère règne sur les origines de Shun, le suspens voile la relation qui les poussent l’un vers l’autre, lui et la jeune Umi, et fait écho aux déboires de l’antique foyer des étudiants.
Aventure domestique si exotique ! D’une exquise puissance, elle ne conte que l’être : un équilibre à trouver entre ce qu’on doit et ce qu’on désire, d’où l’on vient et où l’on va. Elle a cette habile candeur narrative qui met en scène les hauts et les bas de la colline sur fond de mer, de guerre, sans jamais que l’on nous y précipite. Et ces deux adolescents portent nos cœurs dans les tableaux de couleur : fanions, milles pattes, makis, rubans d’uniformes, vélo sur la colline… où roulent, déroulent, s’enroulent, flottent au vent nos moindres sentiments.

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COULEUR DE PEAU : MIEL

Grenoble : le 29 août 2012

Les dessins sont magnifiques. Les teintes aussi. On est ému par le personnage.

Ce film ne peut laisser indifférent : il interroge l’essence même de la filiation, ses contours, ses contenus. Le sentiment profond d’appartenir à une histoire collective à avoir sa place dans l’humanité et l’éphémère, la fragilité de la vie qui nous échoit.

Et il met en lumière comment une phrase anodine, lancée dans l’exaspération d’un moment “tu n’es qu’une pomme pourrie” , peut entraver un enfant pendant des années dans la reconnaissance de sa filiation, dans cette appartenance. Dans le fait de se tenir droit et serein sur cette terre dans une certitude vitale équilibrée.

Bien sûr le chemin de Jung est compliqué par l’abandon initial, l’adoption dont l’arbitraire est si bien décrit. Mais cette notion d’arbitraire est partagée aussi par les enfants naturels quand ils en viennent à questionner leur identité à différents âges de construction. Pourquoi moi ? et si ma sœur avait été un garçon, est-ce que mes parents m’auraient fait ? et si mon père et ma mère ne s’étaient pas rencontrés, je n’aurais donc pas existé ?

C’est là que ce film “documentaire” n’atteint pas ce qui lui était possible d’atteindre. Il est beau, émouvant ; l’hybridation des médias est bien réussie… Mais le raccord avec la vraie vie de l’auteur est trop forcée. Une fois les premières images animées perçues, on aurait voulu dépasser l’anecdotique d’une histoire personnelle pour s’élancer vers un particularisme plus universel. Sans arrêt, l’espoir de cet élan est abordé mais on retombe dans le complexe du documentaire auquel on ne sait pourquoi on s’attache à rester, le témoignage, l’interview du narrateur, auteur dessinateur, enfant adopté, enfant abandonné, adulte en quête de parole.

Mais attention, restons clair “Couleur de peau : miel” avec son titre si surprenant et sensuel – malgré sa source administrative – est un beau film réussi ! Ce qui nous interroge dans sa réalisation, c’est comment arriver si proche de l’envol et ne pas le prendre, comment faire un film de cinéma et s’obstiner à en faire un “documentaire”.

Et pourtant, nous restons persuadé que l’aspect fictif de cette aventure personnelle et humaine, de ce propos si intime et touchant, de cette vie partie d’une branche cassée qui donne ce tendre lys atteint là quelque chose de sublime et délicat dont l’onirisme revêt une force spectaculaire.

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EUN-SIL-YEE, LE TROUBLE CORÉEN

Eun-Sil-Yee - The dearest

Grenoble, le 3 juillet 2012

En compétition au festival 2012 d’Annecy où il a été trois fois nominé, et notamment pour le Cristal, Eun-Sil-yee, The Dearest en anglais, démarre par la mort d’une jeune fille, Eun-Sil déficiente intellectuelle abusée et mourant en couches.
Le ton est donné, le graphisme est rude et l’animation sommaire.
Âmes sensibles s’abstenir.
Les personnages de femme sont tous victimes d’une forme d’abus de pouvoir de la part des hommes : Eun-Sil, par le père de sa “meilleure” amie en qui elle voit, elle, un vrai substitut à son propre père …manquant ; l’amie de Eun-sil trahie par son père qu’elle n’ose dénoncer ; la femme de ce dernier qui sait, se tait mais souffre et veut tuer le bébé que protège sa fille ; une voisine qui supporte les violences physiques et sexuelles de son mari et ses tromperies ; une jeune étudiante de retour au village qui s’est fait avortée clandestinement après avoir été abandonnée pas son copain lorsqu’il l’a su enceinte, et sa mère, dont la seule réponse à l’ aberration du monde est une forme d’hystérie religieuse, etc, etc.
Et quels portraits faits des hommes !
Au mieux indifférents, proche de l’irresponsabilité, comme le policier qui commence par bâcler l’enquête sur la mort de Eun-Sil, voleur et violent comme le jeune fils des épiciers, pervers et abusif comme le père de l’ami de Eun-Sil, brutal comme l’un des voisins.
Il y a une grande pénibilité à visionner ce film sans complaisance, sans concession aux bonnes manières filmiques, dénué de toute envolée ni poétique ni onirique, cru à souhait, agressif et brutal, bref, terriblement éprouvant. On nous montre tout, dans un style narratif aux aller-retours permanents entre présent et passé qui cisaille les nerfs. Chaque âme est noire ou noircie et même la solidarité entre femmes n’est que très relative : la lutte de l’amie de Eun-Sil pour retrouver le père du bébé cache aussi sa propre culpabilité d’avoir été témoin, jeune, des attouchements de son père sur Eun-Sil et de n’avoir rien dit ni rien empêché.
Alors, comment “le prendre” ? Eh ! bien, si la violence de cette société est telle, alors il faut prendre ce film comme un vigoureux pamphlet contre le silence, une allégorie sanguinaire du joug abject qui écrase les femmes – mais aussi les hommes – de ce pays, un manifeste à remuer le passé, la religion, l’état, l’organisation de la société pour s’en sortir !
Ce film, réalisée par deux jeunes femmes Sun-ah Kim et Se-Hee Park de 28 et 27 ans, déjà connues dans le milieu de l’animation, montre un engagement et une prise de risque artistique et moral remarquable.

L'amie de Eun-Sil-Yee et le bébé

L’amie de Eun-Sil-Yee veut protéger son bébé jusqu’à ce qu’on ait identifié son père

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 My beautiful laundrette

Grenoble : 13 avril 2012

A l’occasion de l’ouverture du Festival Vues d’en face, 11ème édition du festival international du film gay et lesbien de Grenoble, une petite perle du cinéma anglais nous revient en mémoire : “My beautiful Laundrette” avec inénarrable Daniel Day lewis.

Dans un contexte de crise économique et d’une politique thachérienne féroce, la Grande-Bretagne effectue un repli réactionnaire. Stephen Frears dépeint l’étreinte d’une société en crise vue d’en face, c’est-à-dire vue du côté de ceux qui n’ont comme atout pour s’en sortir, que leur courage et parfois leur hargne. Étrangement et doublement d’actualité.

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Tad, the lost explorer

Grenoble, le 27 juin 2012

Il nous vient d’un héros espagnol de la bande dessinée Tadeo Jones et malgré son titre et le parti pris de la production de le réaliser tout de suite en anglais pour le marché international, il est bien espagnol.
Et voilà ! Parmi tous les films que nous avons vus au Festival d’Annecy, celui-ci nous tient à cœur : léger, rythmé, avec un je-ne-sais quoi qui nous était légèrement familier (!) mais pour autant original dans le ton et la réalisation, il nous a offert un ciel sans corbeau (!), mais avec plein de méchants (très méchants) de l’humour et des rebondissements formidables !
C’est le film à aller voir en famille dès sa sortie !

Comme son héros qui va accomplir son rêve et au delà, le film nous offre une allégorie de la création qui a fait qu’aujourd’hui il existe : car l’équipe qui l’a porté y a cru jusqu’au bout et l’a amené avec force conviction et talent à sa réalisation. Ce qui est formidable c’est que ces gens de talent et de hardiesse sont d’une accessibilité et d’une gentillesse qui porte. Bravo et merci !
Longue carrière donc au héros Tad !

 

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THE LADY VANISHES

Grenoble : 16 mars 2012

Pour “Les enchaînés”, c’était Grant, Bergman elle, toute en lumière, qui joue clair-obscur, lui, mordu, qui ne veut pas se rendre et ce bon vieux MacGuffin qui tend l’intrigue ! Et le « that’s funny… that plane dusts crops where there’s no crops ! » qui déclenche la scène du fameux avion de “La mort aux trousses”… Quoi encore ?

Eh ! Bien, s’il vous a échappé, coûte que coûte regardez “Une femme disparaît” ! Une intrigue dans laquelle on s’enfonce très doucement sans trop comprendre où l’on va… et paf ! on reprend conscience, le nez dans le générique de fin. Une heure trente en quasi apnée ! Un espace clos et mouvant (le train), des personnages bien campés… Et tiens ! une femme disparaît ! Et Iris ! qui ne se départit pas de sa conviction. Et l’intrépide musicien Gilbert ! Et les seconds rôles ! Ah ! travaillés au ciselet ! Tout contribue à la brillance de cette perle hitchcockienne qui roule, roule et nous emporte !

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Le Voyage de Monsieur Crulic

 

Le Voyage de Monsieur Crulic est le film improbable : une histoire vraie tirée d’un fait divers peu glorieux pour la justice et cruel pour la victime – on dit, une erreur judiciaire !


Avec une technique picturale loin des “belles” ambiances bien léchées, des couleurs froides, des dessins austères, du papier et du photo montage alliés, comment fait-il pour s’en sortir avec le Cristal du long métrage à Annecy ?
Eh! bien, ce que nous avons vu, nous, c’est un rendu graphique extraordinaire de la fragilité de la vie et de son arbitraire. C’est une scénarisation contre-courant, sans suspens, soutenu par un style narratif à deux voix (et quelles voix !) dans laquelle on se laisse aller à l’humour, à l’espoir, à la poésie du passage des choses et des êtres.

 

 

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ZARAFA

Grenoble : 18 juin 2012

Zarafa, c’est avant tout le dessin si beau qui nous retient ; il a une saveur d’enfance, de nostalgie qu’il est parfois difficile d’exprimer sans devenir caricatural.


C’est une très belle découverte de cette année de cinéma, et un concurrent presque trop “mature” pour la cuvée d’Annecy : déjà dans les salles, déjà avec un score d’entrées cumulées avoisinant les 1,5 millions, déjà en DVD !
Et pourtant un premier long métrage pour Jean-Christophe Lié. Juste magnifique !
Un petit quelque chose cependant du côté de l’histoire nous ôte cette complète adhésion de spectateur : peut-être une lecture un peu patriarcale de la transmission et de l’initiation.

 

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